Le minimalisme est-il terminé ?

Après le règne du « less is more », la mode semble à nouveau vouloir en faire plus.

La Fashion Week printemps-été 2027 vient de s’achever à Paris. Et s’il fallait retenir quelque chose de cette saison, ce serait peut-être le retour d’une mode qui n’a plus vraiment envie de se faire petite.

Depuis plusieurs années, le minimalisme et le quiet luxury ont largement dominé les tendances, les réseaux, la clean girl. The Row, Lemaire, Toteme… Des silhouettes épurées, des couleurs neutres, de belles matières, des coupes impeccables. Le fameux « less is more ».

Une pièce forte, et tout le reste plus discret. Un maquillage léger si la silhouette est déjà travaillée. Des accessoires choisis avec soin. Pendant longtemps, le chic a aussi reposé sur cette idée d’équilibre : ne pas trop en faire, savoir quand s’arrêter.

Cette saison, la femme semble justement s’affranchir de cette règle.

Le retour de l’excès

Chez Saint Laurent, avec Anthony Vaccarello, comme chez Gucci, avec Demna, les silhouettes prennent une autre dimension. Le maquillage se fait plus présent. Le doré revient. La fourrure. Les bijoux imposants. Les chaussures deviennent audacieuses. Les matières prennent de la place. Les silhouettes sont plus théâtrales, plus sensuelles.

Il n’y a plus forcément besoin de choisir.

Le maquillage peut être intense, la chaussure spectaculaire, les bijoux imposants, la silhouette sexy et les matières précieuses. Rien n’a besoin d’être atténué pour laisser de la place au reste.

Tout peut être mis en avant.

Quand « prendre un café » devient une image

Comme si tous les codes de la féminité pouvaient enfin être poussés à leur maximum, simultanément. La femme ne choisit plus entre être sophistiquée, sensuelle, glamour ou spectaculaire. Elle peut être tout cela à la fois.

Et c’est peut-être là que se trouve le vrai changement.

La mode ne demande plus forcément à la femme de se contenir pour être élégante. Elle peut prendre de la place. Prendre la lumière. Assumer son maquillage, ses talons, ses bijoux, son corps, les matières, les volumes.

La féminité n’a plus besoin d’être dosée.

Elle peut être excessive, sexy, sophistiquée, théâtrale. Et surtout, elle peut l’être en même temps.

Après plusieurs saisons où l’élégance semblait passer par la discrétion, le silence et la retenue, une autre vision revient sur les podiums : celle d’une femme qui n’a pas peur d’être vue.

Le minimalisme est-il terminé ?

Non.

Mais il semblerait qu’il ne soit plus la seule manière d’être chic.